Les enjeux

Il est possible d’envisager les enjeux de l’habitat participatif selon 3 grands axes dont les frontières se superposent.

l’axe économique

Répondant aux contraintes extérieures du marché immobilier et aux limites d’un système de la production du logement (copropriété dégradées, déséquilibre de l’offre et de la demande en locatif social, difficulté d’accès au logement), l’habitat participatif invite à se réinventer en explorant de nouvelles voies : certaines qui nécessitent des réaménagements législatifs, d’autres qui visent des solutions pratiques aux problèmes du quotidien…

  • réduire le coût de production du logement par la suppression d’intermédiaires, les coûts de gestion et d’entretien grâce à un syndic bénévole,
  • mais également une approche beaucoup plus globale du coût grâce à une ingénierie collaborative : les utilisateurs finaux participent à la conception, au choix des matériaux… en cherchant donc à optimiser la maintenance du bâtiment,
  • des solutions juridiques sont également explorées, notamment par le démembrement de la propriété (séparation du foncier et du bâti), ou le principe de la solidarité financière au sein d’un groupe permis par les coopératives d’habitants sur le point de revoir le jour, ou encore par divers principes visant la non-spéculation immobilière…
  • pour contraster, la recherche d’économies passe également par une rationalisation de l’espace, la mutualisation d’espaces communs et de services, des échanges de bons procédés, de compétences, un souci de réduire l’empreinte écologique (mutualisation des déplacements, des achats courants…)

l’axe social et politique

Contrairement à l’axe économique qui cherche des réponses aux contraintes extérieures exercées sur l’individu, l’habitat participatif anime les espoirs des nombreuses personnes qui cherchent à régénérer des liens sociaux, de l’entraide, de replacer le lien aux autres comme une valeur fondamentale de leur vie quotidienne. Il y a là une recherche individuelle d’équilibre doublée d’une volonté de transformation des rapports sociaux actuels.

  • vivre avec ses voisins, partager des espaces, échanger des services, passent par un apprentissage de la bonne gouvernance d’un groupe, une réflexion collective, l’établissement d’une charte… un exercice de démocratie participative à l’échelle de l’habitat
  • combattre l’isolement et la solitude d’une portion grandissante de la population vieillissante, refuser le cloisonnement socio-économique au niveau de l’habitat, accueillir la diversité sociale, culturelle, générationnelle comme une richesse et en faire la preuve au quotidien par une solidarité et une convivialité de voisinage sont des ambitions très fortes pour les groupes d’habitat participatif.
  • l’ouverture ne s’arrête pas à l’habitat collectif, mais s’étend en général aux interactions avec son environnement (quartier, village…) : contribuer à la richesse de son quartier, animer l’espace, diversifier l’offre culturelle et associative, dynamiser et valoriser son lieu de vie par des initiatives citoyennes, est un acte de réappropriation politique du développement des territoires.

l’axe écologique

La recherche d’un possible développement durable concerne bien sûr des aspects déjà balayés d’un point de vue économique ou social, mais il s’agit là de l’envisager dans une projection de l’individu dans le futur.

  • Bâtir sain, sans nocivité, est une préoccupation tout à fait immédiate pour sa santé et celle de ses enfants, mais en général, les motivations des individus à travers l’habitat participatif ont une visée à beaucoup plus long terme, notamment en terme d’impact global.
  • Ils exercent leur pouvoir de décision retrouvé pour le choix des méthodes constructives, des matériaux, une optimisation globale sur les flux nécessités au quotidien (énergie, eau, déchets…)
  • L’habitat participatif encourage également à penser l’implantation du bâtiment, son caractère collectif, dans l’optique d’accroître la densité urbaine et de limiter l’étalement urbain, avec comme avantage de réduire les besoins en déplacement par exemple…

L’examen des enjeux auxquels l’habitat participatif tente de répondre amène à dériver des valeurs communes que les groupes développent plus ou moins selon leur sensibilité collective.

 

Dernière mise à jour le 30 avril 2014 - Auteur : Webmestre.